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Côte d'Ivoire: La galère des enseignants du privé, résignation à l’assujettissement

Ivoirinter24 15 Fév 2016 - 00H00

La profession d’enseignant un noble métier selon les conceptions communes d’autant plus que l’enseignant est celui qui forme les citoyens plus ou moins de qualité d’une nation. Comme dans tous les pays du  monde, la Côte d’Ivoire  regorge de deux  types d’enseignants.        

                

D’une  part   les  plus  privilégiés  qui  appartiennent  à la fonction publique et  d’autre  part  les  autres qui  appartiennent  au secteur privé  dont  le  cas  est  à pointer  du doigt . Ceux-ci  exercent  dans  le  domaine  de l’enseignement  générale  primaire,  secondaire  et technique.    

                                                                                                                                                                           

Pour  en  venir  au  fait,  les  enseignants  du  privé  qui  œuvrent  dans  des   structures  ou  établissements  scolaires  appartenant  à  des  particuliers  dits  « fondateurs »  sont  de  vaillants  et  braves  travailleurs  qui  font  le  don  de  soi  jusqu’à  l’épuisement  physique, moral et intellectuel. Car, dit-on  que  le  métier  d’enseignant  est  une  profession   où  l’on  ne  peut  tricher  ou  feindre  puisque  cela  transparaîtrait  illico  aux  yeux de  tous .

 

Aussi ,  il  leur  est  soumis  un  programme  et  une  progression  qui  représente  une  ligne  directive  établie  depuis  les  instances  du  ministère  de  tutelle  nommé  le  ministère  de  l’éducation  nationale  que  doit  suivre  tout  enseignant  quel que  soit  sa  tendance  catégorielle. Alors  l’erreur  n’est donc  pas  permise.  Pour  dire  à  quel  point  ce corps  de  métier  requiert  du  sérieux   et  un  savoir-faire  certain.

 

Concernant  toujours   le  ledit  secteur,  les  principaux  acteurs  ou  encore  cheville  ouvrière  dits  « enseignants » qui  ont  en  charge  l’éducation  intellectuelle  et  civique  des  élites  de  demain  sont  laissés  pour  compte  et  abandonnés  à  leur  triste  et  criard  sort  étant  donné  que  la  majeur  frange  d’entre  eux  ne  joignent  pas  les  deux  bouts  avec  la  maigre  rémunération  qu’ils  perçoivent  pour  les  plus  chanceux.

 

En  effet,  les salaires  dans  le  privé  de  l’éducation  nationale  sont  très  bas et  payés  pour  la  plupart  par  pointage.  Cela  dit  qu’il  y  a  donc  des  taux  horaires  fixés  qui  sont  pour  plupart  du  temps  en  deçà  des  normes. Car  ceux-ci  sont  souvent  trois (3)  à  quatre(4)  fois  moins  que  le  taux  horaire  fixé  par  la  convention  des  établissements  privés  qui  s’élève  au  montant  minimum  qui  est  de  1500 francs  cfa  par   heure  et  ce  qui   n’est  d’ailleurs  pas  suffisant.

 

Encore , lorsque  l’enseignant  du   privé  a  un  nombre  d’heures  en  dessous ou  relatif   à  20 heures  par  semaine,  celui-ci  s’en  sort  avec  moins  du  tiers  ou  du  quart  de  salaire   d’un  enseignant  de  la  fonction  publique  qui  a  en   plus  de  son  salaire  des   revenus  substantiels  souvent  supérieurs  à  celui  de  « l’enseignant  vacataire »  payé   par  pointage lorsqu’il   arrive  au  fonctionnaire  de  dispenser  des  cours  dans  le  privé  appelés  «GOMBOS».  Loin  de  vouloir   désavouer  ou   manifester  une   grief  contre  les  enseignants  du  publique ,  cependant  certaines  précisions  sont  nécessaires  à  l’éclaircissement  de  la  situation.

                                          

Un  terme  intéressant  sur  lequel  nous  nous  attarderons  un  temps  soit peu « enseignant  vacataire »,  un  terme  emprunté  et  galvaudé  dans  le  but  de  dévaloriser  «  l’enseignant  en  exercice  dans  le  privé »  qui  est  aussi  érudit  ou  sachant  que  son  collègue  du  publique.

 

Nous  savons  selon  nos  sources  qu’un  enseignant  étant  uniquement  qu’au  privé  ne  peut  être « vacataire »  puisque  exerçant  à  plein  temps  vu  la  tâche  inestimable  et  incommensurable  qu’il  accompli. Car, un  vacataire  n’est  rien  d’autre  qu’un  « prestataire  de  service »  tels  que : le  plombier, l’électricien,  le  menuisier,  le  tôlier  ou  encore   le  serrurier   et  qu’on  emploierait pour  une  tâche  bien  définie  pour  ensuite  s’en  libérer  des que  le  besoin  est  comblé.  Imaginez-vous  donc  un  enseignant  en  bonne  et due  forme  utilisé  dans  un  tel  esprit ? Cela  parait  démentiel  et   inacceptable. Hélas !  c’est  de  la  sorte  que  les  fondateurs  disposent  de  ceux  qui   ont  en  charge  l’avenir  des  enfants  du  pays  au  vu  et  au su  de  l’Etat.

 

Ce  qui  précède  n’était  donc  qu’une  précision  capitale  pour  mieux  vous  exposer  le  sombre  tableau   de  la  marchandisation  qui  est  faite   de  nos  intellectuels  de  l’enseignement  privé  qui  forment  les  décideurs  de  demain  appelés  « élèves »  ou  « apprenants »  au  même  titre  que  tout  autre  enseignant  certifié  et  matriculé.

 

 De   même, on  pourrait  scinder  en  deux  ordres   les  enseignants  du  privé.  On  a  d’une  part  les  enseignants  dits  permanents  qui  ont un   contrat  à  durée indéterminée que l’on pourrait  qualifier  de  veinards parce que  rémunérés  au  moins  onze mois  sur  douze  de l’année. Et  d’autre part  les  enseignants  dits vacataires  qui  sont  les  plus  malaisés ou  désavantagés qui  en plus d’être  sous-payés  au risque  de dire mal payés ne  sont  rémunérés  que  sept (07)  ou  huit (08)  mois  sur  les  douze  de l’année.

 

Encore  faudrait-il  que  leurs  employeurs qui se comportent en  de  véritables  vulgaires et  vils commerçants  puissent  avoir un  brin  de  scrupule et d’honnêteté  pour  éponger ou  s’acquitter  des  prétendus  miettes  de salaires  de  leurs  employés. Car, il  y a  là  aussi  des  arriérés  ou  salaires  impayés  qui  s’amassent  en  restant  éternellement impayés.

 

De   même  que  certaines  primes  liées  à  la  fonction  qui  se  trouvent  confisquées , inexistantes  ou  carrément  supprimées   sans  que  nul  ne  puissent les  réclamer ou  exiger  quoi que  ce  soit  bien que  ces  salaires ou primes  impayées leur  reviennent de droit. Mieux  vaut  se  taire  au  risque  de se faire  renvoyer  ou  remercier, car les  dossiers d’éventuels  suppléants ou  remplaçants  à  votre  poste foisonnent dans  les  bureaux des  directeurs d’études  ou  de  la  hiérarchie.

 

L’enseignant du  privé  n’est  qu’un  parfait exécutant (malgré  ses  souffrances) qui  n’a  que  des devoirs ou obligations et  aucun  droit  sous  toutes  ses formes canoniques. Aussi, le  syndicat  de  l’enseignement privé sur  qui  devrait  reposer les acteurs  du  secteur  est à tous  points  de  vue  inconnu et inexistant puisqu’aucune  action  n’est entreprise par  ce syndicat pour l’amélioration des conditions de  vie de ses  syndiqués. De même  les institutions étatiques  ayant  en  charge  l’enseignement privé  en Côte d’Ivoire ne  lèvent aucun  doigt pour  l’amélioration des  conditions  de  vies  de  ces  enseignants  traités  tels des « marginaux ».

 

L’enseignant du  privé  vacataire  peut  exercer durant  plus d’une  dizaine  d’années  dans  le  privé  sans  voir  la  moindre  couleur  d’un  contrat  d’embauche, malgré  le  dévouement et  l’abnégation  dont  il  fait  preuve   dans  son  travail.  Bien au  contraire , il est  soumis  à  de  permanentes  menaces  de  renvoi  à  la  moindre  erreur  sans percevoir  le  plus  infime  préavis  et  quelconque  droit  que  ce  soit .

 

Affirmait un enseignant d’un  établissement secondaire  privé  de  renommé  de  la  commune  d’Abobo,  prof  d’Anglais de  son état à  l’un  de  ses  collègues « la meilleure  promotion  qu’on  puisse  avoir  dans  l’enseignement privé, c’est  le  renvoi. »

 

Cette affirmation aussi drôle que pathétique de  cet  enseignant  , n’est  en  effet  rien  d’autre  qu’une réaliste  réflexion  qui  traduit   qu’il  est  plus  d’être  au  chômage   que  d’exercer  dans  le  l’éducation  privé  qui  vous  vole  les   meilleurs  années  de  votre  vie sans  voir   l’horizon  des  jours  heureux .          

Tandis  que  le  chômage  ou  un  remerciement  professionnel  vous offre  beaucoup  d’opportunités  que  cette   profession  ingrate  et  avilissante .

« un  homme  qui  a  faim  n’est  pas  un  homme  libre » disait  le  sage  d’Afrique  qui  n’est  nul  d’autre  que   notre  illustre  et  regretté  Président  Félix  Houphouet   Boigny  . cette   citation  de  cet grand  homme  de  valeur et  de raison   traduit  sans  ambages   aucunes ,les  criardes  et   pathétiques  conditions  de  survivance   que  subissent  au   quotidien  ces  braves  enseignants  du  privé  qui  ne  méritent  aucunement  pas  toutes  ces  affres .

Comment  peut-on  vivre   pendant  cinq mois  sans  salaires  et  revenus ?  C’est  cet  exploits   donc , que  s’attellent  à  réaliser  chaque  vacance  scolaire , les  enseignants  vacataires  qui  se  retrouvent  sans  aucun  revenus.

 

Figurez-vous  qu’en  tant  que  pères  de famille , ils  doivent  se  nourrir  de  même  que  leurs   respectives  familles et  payer  leur   loyer , au  risque  de  se  voir  mettre  à  la  porte  d’une  façon  humiliante  et  inhumaine  par  les  propriétaires .

 

 A  ce  propos  M. Kouakou D.  enseignant  de son  état  nous  a  confié  ses déboires: « lorsque les  vacances  s’installent  ma  sérénité  et  ma  dignité  s’en volent,  car  ne  pouvant  point  m’acquitter  des   charges  relatives   à  mon  loyer  et  mon  foyer  je   sors  très  tôt  le  matin  et  je  rentre  très  tard  le  soir. Comme ça,  je  m’assure  de ne  point  croiser  mon  propriétaire  de  maison.  Je  fais  donc  tout  dehors  comme  un  enfant  de  la rue. »

 

Dans  des  conditions  encore  plus  pathétiques  et  pénibles ,  nous  avons  trouvé  le professeur  des  collèges  et  vacataire   M. Koné  A .  qui  indigné  et  exaspéré  a  dit : « J’aurais  dû  apprendre  un  métier  manuelle  et  être  à  mon  propre  compte , au  moins  je  suis  sûr  que  je  m’en  sortirais  mieux  et  je  ne  dormirais  pas  dans  la  maison  de  mes  parents   pendant  toutes   ses  années   à  me  sentir  inutile  en  ayant  le  sentiment d’avoir rater  ma vie  et  ma  vocation. »

 

De telles  déclarations  nous  laisse   sans  voix   et on  se  demande  où  est  la  justice  et  les  instances  garants  de  l’équilibre  social  et  vital ?

  

En  toute  humilité   et  en  qualité  d’observateur  critique  de  la   vie  en  société,  nous  incitons  les  autorités   compétentes  dans  ce  domaine  d’activité  à  être  plus  regardants pour  l’amélioration  efficiente  et  palpable  des  conditions  de vie  des enseignants  du privé et  limiter  l’action  des  employeurs  dits  « fondateurs »  de  sorte  à  ne  plus  user  de   façon  arbitraire et  inappropriée  de  leur  pouvoir  et  autorité  à  l’endroit  de  leurs  employés.  Car , nombreux  sont  les « fondateurs  d’établissements  scolaires »  qui  n’ont  aucune  qualification  et  formation  dans  la  bonne  gestion  des  ressources  humaines.

        

Ciss  DEBANK

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