Affaire foncière à Abidjan : L'entreprise ESTP porte plainte contre un opérateur économique
Suite à la conférence de presse s'est
tenue ce jeudi 03 octobre 2026, à Cocody, Dame Ouattara Ahoua, partenaire
financier de l'entreprise ESTP dirigée par Mory Soumahoro, présent à ses côtés
lors de ladite initiative, a pris la parole pour dénoncer une vaste affaire
d'escroquerie, de faux et d'usage de faux. En cause : un litige portant sur des
milliards de francs CFA et des centaines d'hectares de terres.
Un partenariat initial prometteur viré au piège
L'affaire trouve son origine dans un accord noué avec M.
Mory Soumahoro, sollicité par sept familles du village d'Ayamé-Adjamé 4 Croix
pour mettre en valeur un domaine de 72 hectares. S'associant à ce projet dans
un cadre formel, l'entreprise ESTP a mobilisé d'importants fonds propres pour
financer le décapage, le lotissement, la pose des poteaux et l'obtention des
documents coutumiers et administratifs, culminant avec l'obtention de l'Arrêté
de Concession Définitive (ACD).
C'est à ce stade selon dame Ouattara Ahoua que M. Touré
Ahmed Bouah a fait irruption, brandissant un constat d'huissier et affirmant
être le propriétaire légitime des lieux. Des investigations approfondies ont
révélé qu'il revendiquait un ensemble plus vaste de 346 hectares — incluant les
72 hectares des partenaires — qu'il avait acquis vingt ans plus tôt avant de
disparaître sans honorer ses engagements financiers.
Vente de parcelles à l'insu des propriétaires et surfacturation
Profitant des travaux et des investissements réalisés par
l'entreprise ESTP et son partenaire financier, Touré Ahmed Bouah aurait proposé
un "partenariat gagnant-gagnant" pour financer et aménager l'ensemble
des 346 hectares.
Cependant, les conférenciers affirment avoir découvert qu'en
l'absence de ce dernier durant ces deux décennies, M. Touré Ahmed Bouah avait
secrètement revendu une partie de la parcelle à deux structures étatiques, à
savoir la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) et la Caisse Générale
de Retraite des Agents de l'État (CGRAE), sans même en aviser les propriétaires
coutumiers. Toujours selon leurs dires, une vérification notariale est formelle
: Touré Ahmed Bouah n'est plus propriétaire de ces parcelles, laissant derrière
lui une facture estimée à 1,79 milliard de francs CFA (ou 1.790.000.000 FCFA)
investie à perte par l'entreprise ESTP, ainsi qu'une dette globale s'élevant à
5 milliards de FCFA.
Une action en justice et un appel pressant aux autorités
Face à ce qu'elle qualifie de « piège » ourdi à l'aide de
documents falsifiés, Madame Ouattara Ahoua a martelé sa détermination : « Nous
ne nous laisserons pas faire ». Une plainte a ainsi été déposée le 17 août
dernier devant le Parquet près du Pôle Pénal Économique et Financier par Mory
Soumahoro contre Touré Ahmed Bouah pour faux, usage de faux et escroquerie
portant sur la somme investie de 1.790.000.000 FCFA.
Au-delà de leur cas personnel, les conférenciers ont voulu
tirer la sonnette d'alarme face aux pratiques destructrices qui gangrènent le
secteur de l'immobilier et sapent la confiance des opérateurs économiques. Un
appel direct a été lancé au Ministre de l'Urbanisme, du Logement et du Cadre de
vie ainsi qu'à l'ensemble du gouvernement. Rappelant l'ambition du Président
Alassane Ouattara de faire du logement une priorité pour les Ivoiriens, les
conférenciers ont fustigé ces « individus de mauvaise moralité » qui ruinent
les efforts des entrepreneurs honnêtes et plongent de nombreux citoyens dans la
précarité.
L'entrepreneur et son partenaire financier espèrent désormais que la justice suivra son cours et rappellera avec force que personne n'est au-dessus de la loi.
La rédaction a tenté à plusieurs reprises de joindre M. Touré Ahmed Bouah afin de recueillir sa version des faits, mais sans succès.
J.M l'Eveilleur















